dimanche 17 mai 2009

Ergonomie du poste de travail

Le mal de dos est indiscutablement la principale cause des arrêts de travail dans nos entreprises industrielles. Depuis longtemps, on a cherché à mettre le poste de travail au hauteur du salarié, d'où le mise au point d'établi, puis de table élévatrice, de robot manipulateur...
Appliquer ces règles de travail à tous n'est apparemment pas chose facile, et lorsque la position naturelle de l'homme, au travail comme au repos est d'être assis sur ses talons, on arrive à des situations parfaitement inattendues.
Au Vietnam, comme en Inde et dans beaucoup de régions intertropicales, les gens se placent spontanément en position accroupie, autant pour attendre un bus que pour manger ou travailler, et cela pendant des heures si nécessaire. Les policiers dans la rue, les enfants à la sorties des écoles, les femmes au marché tout le monde se place dans cette position;
Alors, lorsqu'on met à disposition des ouvriers un plan de travail, pas étonnant de les retrouver immédiatement, toujours accroupis, mais sur l'établi !! Après tout, puisque le chef leur impose quelque chose, mieux vaut obtempérer.
Le chef s'habitue, et finalement la plupart des ouvriers redescendent de la table, et travaillent à même le sol, comme avant!
Dans le prolongement de cette observation, il aura fallu pas mal de perspicacité à notre chef de production pour comprendre pourquoi les lunettes des toilettes, de style européen, étaient systématiquement cassées au même endroit, ...

samedi 16 mai 2009

Chroniques de la vie

L'actualité prime toujours sur le reste, et malgré les nombreuses anecdotes de la vie quotidienne, Dieu sait qu'on n'en manque pas, qui souvent mériteraient une petite "Chronique", je préfère profiter de ces quelques minutes de connections pour parler de nous.
En voyage encore! Après un week-end prolongé à DA NANG et HOI AN, nous avons poussé la route jusqu'au Nord du Vietnam pour naviguer en Jonque sur la Baie d"HA LONG! A lui seul, ce week-end mériterait des pages de commentaires, et j'ai souvent ruminé dans ma tête les premières lignes de ce que j'aurais intitulé: " Baie d'Ha Long, ce que vos amis n'ont pas osé vous raconter". En effet, comme usine à touristes blancs et obèses, on doit difficilement trouver pire!
Mais depuis, la beauté du paysage a recouvert nos agacements, et ne subsistent aujourd'hui, que les belles heures de navigation entre les rochers escarpés, la baignade nocturne depuis la jonque, et un délicieux dîner partager en plein air, avec un tour-opérateur Anglais et son acolyte vietnamien; les photos sont déjà transférées sur l'adresse habituelle.
Ce week-end, fini la mer de Chine, nous baignons depuis quelques heures dans le Golfe de Thailande, à quelques miles au large du Cambodge, sur une île quasi paradisiaque appelée PHU QUOC.
L'ile Vietnamienne est encore "sauvage", mais il semble que son avenir ne soit écrit autrement, et qu'elle deviendra bientôt un nouveau PUKET, envahie par des milliers de touristes de tout poil!
Le RESORT dans lequel nous sommes hébergés a pour lui toutes les marques de bon goût et de qualité, la mer est bleue et transparente, le sable fin et propre, la plage bordée de cocotiers et de filaos, les bungalows noyés dans la verdure et l'herbe grasse, hibiscus et bougainvillées, presque la perfection!

vendredi 24 avril 2009

Sur la route de BEN LUC

Le chantier d'origine, ou se trouve également le siège social et accessoirement mon bureau, se trouve à une cinquantaine de kilomètre dans le sud Ouest de HCMC, au bord d'une des nombreuses rivières qui drainent le delta du Mekong.
Selon les jours le trajet dure entre 35 min et 1 heure, mais j'ai déjà connu des soirs ou il m'a fallu plus de deux heures pour rentrer à la maison.

La première partie du trajet se fait sur une route neuve, mais d'une planëte douteuse, qui constitue le premier tronçon du périphérique qui doit un jour contourner la ville par l'Est. Cette route traverse notre quartier, elle a alors 14 voies...

On passe d'abord le RMIT, Royal Melbourne Institute, puis un péage, puis un premier pont, puis un autre , puis d'autres encore.


La ville s'étend sur les zones marécageuses encore occupées par de nombreuses fermes aquacoles, élevage de crevettes pour la plupart.

En guise de terre plein central, un canal couvert de Lotus dans lequel on aperçoit régulièrement des pêcheurs au filet, immergé jusqu'à la poitrine dans cette eau verte et chargée.







Régulièrement d'autres routes croisent le boulevard. Feu Rouge. C'est la meute de scooter qui attend le passage au vert, décompté par un chronomètre lumineux. On accélère lorsqu'il ne reste plus que quelques secondes de "vert", on démarre juste avant que le rouge tourne au vert: d'où une certaine cohue à chaque carrefour.

Cette partie de la route doit représenter la moitié de la distance, le quart de la durée.
Après débute la foire d'enpoigne!
Petite explication à suivre...

dimanche 19 avril 2009

Qu'est ce qu'on fait la ? (Suite)



Beaucoup plus concrètement que lors du premier message, en quelques mots ce qui nous a conduit à HCMC - prononcez "Saigon"!


Le Chantier PIRIOU de Concarneau (29 pour ceux qui ne sauraient pas), construit depuis quarante ans des bateaux de moins de 100m, plus grands ils ne prennent pas le virage de la Ville Close! Domaine, Pêche et navire de servitude, remorqueurs, Supply, et Crew Boat...


Poussé par leur actionnaire, lui même actionnaire majoritaire de Bourbon, ils ont lancé depuis deux ans la construction de navire à passagers rapide (crew boats) destinés à transporter les équipages sur les plateformes en mer.


Le chantier SEAS - South Easr Asia Shipyard- est né, basé dans le sud de HCMC, dans la province de Long An, un peu moins d'une heure de route.


Avec maintenant 100 employés, nous fabriquons deux types de navires rapides de 18 m 26m, avec un carnet de commande qui nous emmène à fin 2010... ou presque.


La dessus est venu se greffer un projet totalement nouveau, la construction d'une série de thoniers en acier de 90m, série et low cost! Une nouvelle aventure est partie, à laquelle mon prédécesseur , fondateur du chantier actuel, n'a jamais voulu adhérer. Ça lui a coûté sa place et justifié mon arrivée précipitée et ma prise de fonction immédiate de Directeur Général de la boutique.
J'ai relevé le pari.
Au quotidien, je partage mon temps entre deux sites de constructions situés à 1heure de route l'un de l'autre, d'un coté une organisation qui fonctionne pas trop mal, malgré le manque d'expérience des ouvriers, et de l'autre un sous-traitant vietnamien totalement désorganisé que nos kornaquons avec quelques vieux baroudeurs de Concarneau parlant mieux le breton que l'anglais.
L'objectif à terme - comme on dit, sans savoir ou se trouve le terme - est de regrouper les deux chantiers en un seul site et de se stabiliser avec un effectif d'environ 350 à 400 personnes.
Je ne sais pas encore quelle sera la longueur du chemin que je ferai ici, mais pour l'instant, je "m'éclate"




samedi 18 avril 2009

Enfin chez nous


Ca a duré pas mal de temps, et généré beaucoup de mécontentement, parfois de colère, mais nous sommes enfin chez nous. La maison choisie a tellement de charme et tant de détails "flashants" que nous avons tenu le coup et gardé notre calme jusqu'à ce jour.
Jugez-en sur l'album photo,

mercredi 8 avril 2009

Voyage à Da Nang

Après un peu plus d’un mois dans le tumulte de Saigon, nous avons profité de premier eek-end complet et sous prétexte d’une visite à un chantier naval en devenir, pour nous aéro-transporter à Danang, alias Tourane de l’époque coloniale française.

La ville est située en plein milieu de la longue bande de terre qu’est le Vietnam, à quelques kilomètres seulement au Sud du fameux 17eme parallèle. C’est là que les américains avaient basé le plus fort de leur troupe, la baie de Danang formant un excellent abri pour la flotte, et là aussi que fut construite la plus longue piste d’atterrissage du pays destinée à accueillir des B52.

L’histoire est encore chaude, et pourtant si la propagande continue de présenter l’invasion américaine comme une agression par un peuple de barbare, quasiment rien ne rappelle les épisodes tragiques, tel que le massacre My Lai, ou le 11 mars 1968 tout un village de rizière fut balayé en quelques heures par les Gi’s au motif d’une collaboration possible avec le Nord.
Danang est aussi la ville ou se déroule le film « Good morning Vietnam ».
Voilà pour l’histoire récente en version courte, mais le passé de Danang remonte bien plus tôt, à l’époque de la dynastie des rois Cham à la fin du premier millénaire… la dessus j’avoue ne pas être très callé, mais j’ai juste compris que l’on retrouve un mélange de Bouddhisme et d’Indouisme, proche de ce que j’ai connu en dans le sud de l’Inde.

La comparaison avec l’Inde du Sud est par ici la plus frappante, plus qu’à Saigon en tout cas, en particulier la ville de Hoi An située à une trentaine de kilomètre dans le sud de Danang, et dont le passé colonial, mélange des civilisations chinoise, Indienne, Japonnaise et Européenne a laissé quelques édifices qui ressemblent fort à ceux de Pondicherry. Ajouté à cela une présence touristique intense, et l’on se croirait presque à Goa, handicrafs shops et baba-cools compris! Ironie de l’histoire, le renouveau de Hoi An est dû à un architecte Polonais, et dont l’effigie constitue l’unique statue de la ville !
La cote de la mer de chine est une succession de grandes baies et de lagunes, d’immenses dunes de sable, aux pieds de hautes montagnes qui de temps en temps on conservé les pieds dans l’eau, formant un chapelet de belles iles que l’on aimerait aborder à la voile.
Nous avons passé une nuit dans un des nombreux « resorts » tous plus luxueux les uns que les autres mais quasiment déserts, qui ont fleuris tout au long de la cote suivant ainsi une décision du « Plan », et lorsque le « plan » décide, la nature n’a qu’a bien se tenir ! Et l’on s’interroge sur le terme « pharaonique » en se disant que « chinois » serait plus approprié pour caractériser les travaux inimaginables !
Le chantier naval que nous avons visité rapidement en est un bel exemple.Au nord du Vietnam, l’industrie lourde, au sud, le centre économique et l’industrie manufacturière, au milieu, rien que des rizières. Au nom de l’aménagement du territoire, le « plan » décida un jour d’industrialiser le milieu, c’est la région de Danang qui fut choisie ! Pauvres paysans !

lundi 30 mars 2009

Qu'est ce qu'on fait la ?

Il ne faut voir dans cette question ni regret ni déception, mais simplement une interrogation sur les raisons qui nous ont conduit à poser nos valises dans ce pays en ébullition...
Tous les bateaux du monde ont besoin d'eau pour prendre naissance, faire leurs premiers pas, puis pour s'échapper, j'aime les bateaux.
De l'eau on ne manque pas!
Non, Saigon n'est pas le port du delta du Mekong, ce grand fleuve qui prend sa source sur les plateaux du Tibet, traverse la Chine, le Laos, la Thailande, le Cambodge pour finir sa course dans la mer de Chine au Sud du Vietnam. Cette immense zone marécageuse s'étend à quelques centaines de kilomètres de chez nous, un coin à visiter sans doute.
Saigon, c'est d'abord le nom d'une rivière qui serpente à travers une jungle de mangrove et de palmiers d'eau. Le pays est plat, très bas sur l'eau, à tel point que bizarrement la plupart des ponts sont plus haut que la route qui les surmonte, comme s'il fallait monter pour traverser les nombreuses ramifications du fleuve . A chaque grande marée, les égouts regorgent d'une eau noire épaisse, les rues s'inondent, les enfants jouent. D'autre fois au milieu d'un chantier, on découvre que telle grue ou pelleteuse s'est finalement échouée sur la vase, embarquée sur une barge poussée jusque là par je ne sais quel remorqueur. La mer est basse, elle remontera et la barge pourra regagner le fleuve.
Il ne ferait pas bon que que le niveau des océans ne s'éleva un peu plus!
L'eau est la première raison, la deuxième est l'abondance de main d'oeuvre.