mercredi 28 octobre 2009

Galère


Non le Vietnam n’est pas pour nous cet eldorado du tourisme qui nous a été si souvent présenté, pas plus qu’un paradis tropical ou l’on apprécierait la tranquillité de la vie. Galère serait plutôt le mot de circonstance, et nous les galériens !
Juste après l’arrivée d’Ariane vécu comme un souffle nouveau, il y a eu cet accident, ce 19 septembre qui ressemble un peu à notre 11 septembre à nous. Accident de la circulation alors que nous essayions de construire une vie « normale » dans un pays qui nous la refuse A priori. « La faute à qui ? », avant tout, la faute à pas de chance. Pas de chance d’avoir été là à cet instant précis, pas de chance d’arriver à ce carrefour en même temps que l’autre, pas de chance de ne pas l’avoir vu venir de ma gauche…
Depuis, les compteurs tournent pour tous ceux qui gravitent autour du dossier. La police d’abord, qui joue de ma patience et me convoque d’une semaine sur l’autre, un jour pour un nouvel interrogatoire, une autre fois pour des relevés d’empreintes digitales et la séance de photos qui va avec, une autre encore simplement pour me remettre un papier, un original en Vietnamien ! Un vrai supplice pour les nerfs.
Il a aussi l’avocat qui m’accompagne, dont on ne peut jamais dire s’il plaide réellement en ma faveur ou s’il joue la montre en sa faveur à lui, et qui ne semble pas avoir une vision globale du dossier et de son issue. Et puis il y a la famille qui semble-t-il, s’est satisfaite de la transaction sordide dans laquelle se mélangeaient pêle-mêle, l’âge des enfants à charge, le salaire moyen de la région, la valeur de la cargaison et le remplacement de la mobylette ! Personne en tout cas ne doute de l’aubaine que représente dans un cas pareil, un Français qui plus est cautionné par son entreprise !!! Je ne cache pas que l’expérience est difficile à vivre.
Heureusement, il y a Nous, les collègues et les amis, tous unis derrière moi pour nous soutenir.
La semaine dernière nous avons profités d’une réunion professionnelle pour nous échapper à Hanoi pendant 3 jours. Le nom même de cette ville résonnait dans mon oreille comme un grondement de bataille et de toute la violence subie de la part de notre ennemi de l’époque. La gouvernance récente sous la coupe de l’union soviétique noircissait encore un peu plus le tableau. Et puis finalement, nous avons apprécié notre séjour là bas, à bien des égards plus agréable que la chaotique mégalopole d’Ho chi Minh. Le centre historique a été préservé et même rénové avec soin, les lacs et parcs du centre ville lui donnent une ouverture et une lumière que l’on ne trouve nulle part ici. Proche des territoires du nord et de la baie d’Halong, les touristes y sont plus nombreux, les quartiers plus animés comme on les aime.
De plus, dans cette ville « Capitale » comme le rappelle tous les documents comme si on voulait s’en convaincre, les infrastructures ont été les premières à bénéficier des maigres investissements publics, et la circulation y est naturellement plus facile. Seul bémol, la densité d’escrocs chez les chauffeurs de taxis.

A visiter donc, et pour ceux qui n’en auront pas l’occasion, je conseille un petit tour sur notre album photo.

jeudi 24 septembre 2009

Ariane est arrivée!!

Grosses perturbations en perspective dans notre vie Saigonnaise... Ariane nous a rejoint pour passer l'année scolaire au Vietnam.
L'aventure pour elle sera de suivre les enseignements dans une université Australienne pas très loin de chez nous.
En plus du reste bien entendu!

dimanche 2 août 2009

Marc levy

Depuis mon exil au vietnam, je me permets quelques commentaires critiques sur deux livres d'un même auteur, que je viens successivement de lire , un certain Marc Levy, qui semble-t-il est fortement a la mode et sacrement prolifique si j'en crois l'abondance de sa production.
Est-ce bien lui qui a tout écrit d'ailleurs, ou s'agit-il plutot l' animateur d'un groupe de "Negres" qui planchent dans l'ombre pour noircir des lignes et remplir du papier que leur leader ira vanter dans les medias?
A part la couleur de leur couverture, ces deux livres n'ont en commun que le fait que je les ai dévorés l'un et l'autre d'une traite, pour autant que mes yeux aient supportes la lumiere de ma lampe de chevet tard dans la nuit...
En bon esclave de la société de consommation j'ai acheté le premier par réflexe alors qu'il envahissait les "tètes de gondoles" du rayon librairie du Casino de Lanester, il s"agissait de "Le premier jour".
500 pages, aux éditions Robert Lafont, une bonne tète de Best Seller de l'été 2009, avec en couverture un clin d'oeil a l'imaginaire d'un aventurier romantique qui n'aurait rien en envier au livre de Kareen Blixen, Out Of Africa.
Il ressort de cette lecture un sentiment de vacuité, autant dans l'intrigue que dans le style. Du remplissage, pas grand chose de plus, en exploitant a fond toutes les techniques du roman. Une production de bons ouvriers en quelque sorte, a laquelle il manque du petit tournemain qui en ferait la production d'un artiste. Les gentils sont trop gentils, beaux intelligents et finalement amoureux, les méchants trop riches et puissants, représentants d'un réseau international bidon et finalement trop stupides. Chacun des acteurs est une caricature de ce qu'il représente et se comporte exactement comme on le pressent, sans aucune surprise. Le récit évite habilement tous les points délicats qui rendraient l'intrigue complètement farfelue, tant elle est truffée d'incohérences et abracadabrantesque, du style "Aventuriers de l'arche perdue"
Si je n'avais eu que quelques minutes par jour a consacrer a la lecture, je crois bien que je n'aurais jamais achevé le bouquin. Il me reste un dilemme, puisque la technique du best seller a été exploitée a son comble, devrais je un jour acheter la suite déjà annoncée et qui permet a l'auteur de s'en tirer sans abattre toutes ses cartes? "La Première Nuit" a paraître!
Le second roman est déjà plus ancien, et semble avoir été le révélateur de Marc Levi.
"Et si c'était vrai?" est d'une autre trempe! Plus petit, je l'ai avale en deux gorges, m'etant malgré moi endormi le premier soir, alors même que je m'étais jure de ne pas interrompre sa lecture.
Beaucoup plus riche en intrigue et en style, on y trouve aussi pas mal de réflexion sur la richesse du temps qui s'écoule inlassablement, sur la perte d'un être aime, la fragilité de la vie et la force de l'amour.
Et finalement on s'aperçoit que les couples formes par l'Architecte et la Medecin dans l'un, et l'Anthropologue et l'Astrophysicien dans l'autre, ne sont pas très différents.

mercredi 17 juin 2009

Demain


Demain je rentre en France pour quelques semaines. je laisse un chantier en pleine ébullition, mais je ne pense pas que la mousse débordera pendant mon absence.

Le voyage retour depuis HCMC vers PARIS dure douze heures, mais le décalage horaire est favorable dans ce sens. Sauf pour la soirée de vendredi ou j'aurai sans doute pas mal envie de dormir...

Ty punch et Mère LeFloch au programme des premiers jours. Ariane attaque le bac demain, on fêtera les résultats plus tard.


Petit entraînement, j'ai planché le week-end dernier sur la mer de Chine dans un chouette coin que l'on appelle MUI NE. le JIBE'S clud est tenu par un français et propose du très bon matériel à un prix de location raisonnable. Une raison supplémentaire pour une petite visite...

mercredi 10 juin 2009

FLORES

A l'heure exacte ou j'écris ce message, Agathe est en train d'arriver à FLORES!Ce nom ne parle pas à tout le monde, et j'avoue qu'il y a 5 ans encore j'ignorais l'existence de cette petite île, la plus occidentale de l'archipel des Acores.Pourtant FLORES représente pour ceux qui traversent l'Atlantique dans le sens du retour vers l'Europe, la première escale possible après de nombreux jours de mer.Nous y étions arrivés nous-mêmes en piteux état, fatigués, bôme cassée, moteur en panne de gazole, pilote hors service, et qui plus est après 24h de calme plat en vue de son relief, baloté par un fort courant qui faisait tourner Terre de Brume dans tous les sens. C'est peu dire que nous avions grandement profité de cette escale, qui reste pour moi, l'une des plus inoubliable de notre voyage, au delà de la simple traversée.Agathe y arrive, et je sais qu'elle partage totalement mon avis! Son coeur de l'époque aussi.

dimanche 7 juin 2009

Ca avance!!



On en parle beaucoup dans les chaumières Concarnoises, le premier de la série des trois thoniers est en phase d'essais et se pavane revêtu de sa belle robe bleue dans les eaux non moins bleues de la Bretagne sud.


De manière très laconique, les articles de presse se terminent toujours par une petite phrase sybilline " les deux autres sont en construction dans la filiale de Piriou au Vietnam". Et ça, c'est nous!!!


Le plus gros, le plus puissant jamais construit par PIRIOU, équipé d'un système de propulsion expérimental, et d'un stockage du poisson révolutionnaire, c'est ce qui se dit du premier construit à Concarneau. Pour moi, c'est tout simplement le premier vrai bateau dont je conduirai la construction de A à Z. Mais c'est franchement galère de travailler avec des Vietnamiens, en vietnamien. Telle Pénélope attendant Ulysse, il nous faut chaque jour nous remettre à l'ouvrage, alors même que nos sous-traitants se sont eux empressés d'oublier dans la nuit toutes leurs promesses de la veille...

Retour à zéro donc, tous les matins, mais la coque se monte dans la cale sèche malgré tout, et j'espère bien faire flotter ce joli navire, lui-aussi tout bleu, avant la fin de l'été!!! Inaccessible pour certains, encore possible selon moi à condition d'y mettre un peu plus de "gnaque".

Je parle davantage de ce gros contrat que du reste de ma vie professionnelle, alors que depuis le départ forcé de mon prédécesseur, je n'y consacre même pas la moitié de mon temps.
Si la production des "Crewboat" ne pose pas trop de problème - la vietnamiens adorent la fabrication en série - le client BOURBON, a des problèmes d'affrètement de ses navires et nous demande de créer un parking au sec de ce genre de bestiole de 26m de long et pesant une cinquantaine de tonnes.
Le deuxième sujet qui m'occupe par ailleurs, est l'organisation interne de notre chantier qui grossit tous les jours - je recrute en moyenne 2 nouveaux salariés par semaine. Ce qui marchait à 80 ne marche plus forcément aussi bien à 150, et nous avons pour objectif d'atteindre les 250 salariés dans 1 an! Tout les services doivent suivre, mais sans doute pas avec les mêmes...
Enfin, s'il reste bien une trace du système politique dans notre vie quotidienne, c'est la paperasserie très procédurière, et je consacre pas mal de temps à signer des documents originaux aux je ne comprends absolument rien, en de multiples exemplaires, en prenant bien soin de recouvrir de ma signature les 2/3 du seaux rouge de l'entreprise. Il faut bien un coupable!!!